Ma vie professionnelle au Canada

dimanche, janvier 15, 2017


Tu faisais quoi comme travail là-bas ?

J'aime bien répondre à cette question. Parce que j'étais heureuse dans mon travail, c'est pas donné à tout le monde comme sensation.

Quand je suis arrivée au Canada, je me suis d'abord installée à Montréal pendant 2 ans. J'ai travaillé comme réceptionniste dans deux hôtels, c'était  "en attendant " parce que j'avais envie d'autre chose. Et comme j'arrivais à la trentaine (cette fameuse phase de remise en question), j'ai réalisé que le temps passait vite et j'ai eu peur. 

Des amis à Toronto m'encourageaient à m'y installer parce qu'étant francophone, j'avais plus de chance d'y trouver un emploi qui me convienne. Je connaissais cette ville, je l'ai aimée dés ma première visite mais suite à un chagrin d'amour, mon corps entier se refusait à y aller. Et puis le temps a fait son oeuvre et j'étais prête. Je sais pas si je suis très claire dans ce que je raconte, j'espère.

Trois semaines après mon arrivée à Toronto (et mon appartement de rêve trouvé), j'étais engagée (après un entretien de 30 mn) ( et sans diplôme dans l'éducation #LaMagieDuCanada) comme aide-enseigante (ça n'existe pas en France) dans une école secondaire (collège et lycée) francophone. Franchement, y a ce moment où tu te dis que la vie te sourit, ce moment où rien ne pourrait ébranler ta confiance et il y a quelque chose d'un peu électrisant à vivre ça.

Au delà du fait que j'avais la sécurité de l'emploi, une bonne couverture sociale et un bon salaire, j'avais surtout un travail épanouissant. Je me suis bien habituée au système éducatif canadien. La radio scolaire, les spectacles, les booms, les casiers des élèves qui faisaient que tu avais l'impression d'être dans leur chambre, entendre parler arabe, anglais et leur répondre en français parce que c'était ce qui nous réunissait. 
Là-bas, j'ai organisé des sorties scolaires, j'ai monté un journal de l'école avec deux collègues et puis ma dernière année, j'ai participé de façon bénévole à la mise en place du spectacle annuel du Mois de l'Histoire des Noirs. C'était des heures tardives de préparation, de répétitions, des heures à encadrer les élèves, à leur apporter notre soutien, à s'inquiéter quand ça n'avançait pas vite et s'entendre dire que " ne t'inquiète pas Madame, everything will be alright. Ah oui t'as raison, je vous fais confiance après tout."

Et à moi aussi on m'a fait confiance. J'étais en charge de préparer plusieurs groupes d'élèves pour le test provincial de français (obligatoire pour entrer à l'université si tu es dans une école francophone en Ontario),  j'ai surveillé des examens, j'ai donné des classes de soutien en français à des élèves en difficulté et à des nouveaux arrivants au Canada. On m'a félicitée, on m'a dit merci et je ne savais pas trop comment réagir parce que ça me semblait normal, je ne faisais que mon travail. Et étant française, j'avais pas trop l'habitude de tout ça, tu sais, cette positivité bienveillante.

Bien sûr, le plus chouette c'était le lien que j'entretenais avec les élèves. Tu ne peux pas travailler avec des jeunes et faire semblant de t'intéresser à eux. Pas si tu veux qu'ils réussissent. On se parlait beaucoup, certaines filles (et garçons !) me racontaient leur peine de coeur, les problèmes à la maison, de ces choses qui ne sont pas minimes parce que tu es ado, non, de ces choses qui font qu'une journée va bien se passer ou non.


Y a des élèves que j'ai suivis plusieurs années alors je ne pouvais pas rater leur remise de diplôme et leur prom. Je suis donc retournée à Toronto un an après mon retour en France pour participer à leur grand jour. C'était un temps suspendu, doux et chargé d'émotions.



Je suis rentrée sereine, le coeur un peu triste en me disant que ça passerait. Car oui, tout finit par passer même si je serais toujours un peu nostalgique parce que c'est une ambiance que je ne revivrais pas. Mais je sais aussi qu'on a tendance à idéaliser ce que l'on a quitté. 

Alors voilà, je ne vais pas mentir, le Canada a su m'apporter tout ce en quoi la France avait échoué et est aussi la raison de la "réussite" de mon retour. Parce que je suis revenue plus motivée que jamais. Donc, tu vois, même ici je lui dois beaucoup. 

4 commentaires

  1. Quelle belle opportunité & jolie histoire!
    Je rêverais de trouver un job épanouissant ici à Montréal (& plutot dans ma branche), j'en avais trouvé un direct en sortant de l'école en France, mais là je suis un peu déroutée & j'enchaine les mini-jobs (café, pige...)

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    1. Ne te décourage pas ! J'ai mis 2 ans avant de trouver cet emploi... courage :)

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  2. J'adore <3 Je suis sûre que tu leur manque beaucoup ! Même si je n'ai pas trop eu l'occasion de te connaître lors de cette période-là, c'est super de te suivre de près, après-coup ! - Francette

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    1. Merci Francette ! Je partage le même sentiment ;)

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